Théâtre
Sans effort
Ce spectacle fait partie de notre quinzaine des formes en lisière. A découvrir ici.
Dans
un autre monde, où il y a des forêts, des falaises et trois
collines, débarque une joviale
tribu
de
fêtard·es, avec vivres et alcool à profusion, aspirant à la
danse, à l’amour et surtout à la glande ultime jusqu’à la
mort. La fête terminée, il faudra peut-être quitter cet endroit.

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Créer
un spectacle où il sera strictement interdit d’écrire, de se
filmer, d’archiver, de se documenter, voilà la contrainte que se
sont posée Joël Maillard et Marie Ripoll. En revanche, parler, oui.
Parler tout·e seul·e, parler ensemble, parler à des spécialistes.
Les deux comédien·nes ont poussé pour Sans
effort
(quelle ironie !) la contrainte jusqu’au bout. On assiste au point
de départ, au point zéro, la réinvention d’une nouvelle
civilisation, qui comme des acrobates sur le fil, peut s’écrouler
à tout moment. Pour réussir, il faut d’abord renoncer à la
culture, puis être disponible pour une nouvelle.
Une
fois la pensée posée sur papier, on peut passer à autre chose,
l’oublier, y revenir, y renoncer. Mais alors, comment gérer une
idée fulgurante au cœur de la nuit sans carnet de note, sans
ordinateur ? La solution est belle : avec des petits objets, des
moyens mnémotechniques et des associations d’idées. Une boucle
d’oreille devient l’idée d’un bord de scène, qui, une fois
abandonné, libère la boucle qui peut accueillir une autre idée. Ce
poème géant a tout de même dû être écrit.
L’utilisation du terme est erroné évidemment, mais quel mot
choisir, pour l’idée de générer un flux de mots et d’idées,
le stabiliser et le conserver de manière à pouvoir le consulter en
tout temps ?
A
l’heure de la traçabilité constante et du nuage numérique plein
à craquer, voilà une autre forme de trace. Une création délirante
portée par un duo déjanté, et plein d’autres
choses encore, mais comme on n’a pas trop le droit d’écrire au
sujet de son sujet...
Réalisation
Joël Maillard et Marie Ripoll
Mise en scène : Joël Maillard
Non-écriture et fabrication : Tiphanie Bovay-Klameth, Joël Maillard, Marie Ripoll
Absence : René R.
Transmission musicale : Louis Jucker
Lumière : Nidea Henriques
Diffusion : Claire Nollez
Production : Tutu Production - Cécilia Lubrano
Coproduction : far° festival des arts vivants Nyon / Arsenic - Centre d’art scénique contemporain, Lausanne
Soutiens : Ville de Lausanne, Corodis, Canton de Vaud, Loterie Romande, Fondation Suisse des Artistes Interprètes
La Compagnie SNAUT est actuellement au bénéfice d’un contrat de confiance de la Ville de Lausanne et d'une convention de subvention de durée déterminée du Canton de Vaud.