Les aéroports s’emplissent à nouveau de voyageuses et voyageurs aux yeux pétillants.Les autoroutes sont joyeusement envahies par les automobilistes.

Les frontières sont à nouveau passées et repassées avec vigueur par toutes celles et ceux qui, parmi nous, ne tenaient plus sur place après tout ce temps passé à rêver d’ailleurs.

Loin de nous l’arrogance de juger ce désir, nous sommes toutes et tous des êtres humains sujets aux tentations.

Force est de constater, par contre, que notre civilisation, ou du moins sa partie la plus privilégiée, a repris sa marche infatigable vers sa disparition.Toutefois, ne vous inquiétez pas, notre programmation artistique ne va pas s’attarder sur l’apparente impossibilité de freiner les traversées commerciales et touristiques des frontières, en direction du destin inéluctable de notre extinction. Ce qu’il fallait dire a été dit. Ce qu’il faudrait faire tarde à venir.

Néanmoins, il faut l’avouer, la notion de frontière n’a de sens pour nous que si elle est poreuse et extensible, prête à être requestionnée. Qu’elles soient territoriales, morales,de genre, ou autres... cet été nous vous invitons à les franchir, mais autrement, avec impudicité et plaisir, en quête de résilience et de joie.

Nos spectacles en soirée traverseront des terres arides à la recherche de forêts denses de verdure, outrepasseront les événements de l’existence en nous proposant de garder avec nous que l’essentiel, grimperont en haut de montagnes infinies au risque de nous perdre devant tant de majesté, navigueront le long des fleurs et de leurs plus intimes secrets, se moqueront de la distance entre la terre et la lune, des frontières entre l’animal et l’humain et, sur le chemin, régleront aussi les comptes avec les voyages coloniaux d’antan.

Nous offrirons dans les spectacles pour les plus jeunes d’entre nous l’espoir de mondes adéquats, d’équilibres reconstitués et d’égalité diffuse.

Nos expositions accueilleront le soleil, les racines, la fantaisie et le désordre.Nous allons enrichir nos pratiques et repenser notre manière d’aborder l’avenir, grâce aux ateliers et rencontres.

Les saveurs proposées par notre buvette, alors elles ne connaîtront certainement pas de frontières.

Notre polyglotte saison musicale rendra jalouses les étoiles, qui descendront alors écouter les concerts avec vous, et danseront !

Jusqu’à la fin de l’autorisation qui nous obligera, hélas, à vous demander de bien vouloir partir.Et surtout revenez demain !

Le matin, au TO, on y va tôt, et la nuit, au TO, c’est beau !

Andrea Novicov